Kessel

[erratum] un appel à textes mortel

happy 30 ans (de la mort)

notre blabla
2 min ⋅ 19/06/2026

(re)Bonjour à vous,

Dans le premier mail s’est glissé un oubli. Voici donc l’appel à textes rectifié, avec le fameux bonus à la fin. La date limite est toujours le 30 juin, ce qui vous laisse encore 10 jours pour nous envoyer un truc splendide. Vous pouvez aussi retrouver l’appel complet sur le site : https://modestabruxelles.com/appel-a-textes. N’hésitez pas à le partager à toute personne que ce thème inspirerait.
Ci-dessous, les détails.

Goliarda Sapienza, Amelia Rosselli, Madeleine Bourdouxhe, Marguerite Duras et Leonor Fini sont toutes mortes en 1996.  Ce sont des autrices : super, fabuleuses, tragiques, bizarres, épatantes, obsessionnelles, formidables, dark, hot, drôles. Pour partager leur travail et faire vivre leurs œuvres, nous voudrions célébrer les trente ans de leur mort en ouvrant un appel à textes afin de publier un nouveau fanzine collectif. 

Vous trouverez ci-dessous des inspirations, des citations, des photos et des peintures. Tout texte est bienvenu : littéraire, théorique ou autre. Nous sommes ouvertes à recevoir des visuels, mais ne pouvons pas assurer avec certitude leur diffusion. 

L’appel est ouvert jusqu’au 30 juin. Nous sélectionnerons les textes durant l’été. Les personnes sélectionnées recevront un mail et éventuellement des propositions pour accompagner le travail de réécriture.  

Happy trente ans (de la MORT) !!

POUR PARTICIPER À L’APPEL À TEXTES : 

Envoyez vos textes inspirés par Goliarda Sapienza, Amelia Rosselli, Madeleine Bourdouxhe, Marguerite Duras, Léonor Fini, Alejandra Pizarnik.

À l’adresse : trenteansdelamort@proton.me

Max 5000 caractères ou 2 pages pour des textes versifiés.

Avant le 30 juin.

La sélection sera anonymisée, n’indiquez pas votre prénom et nom dans le document ni dans le titre de celui-ci.

Hâte de vous lire omg! 

Goliarda Sapienza, Lettre ouverte

C’était le train qui commençait à se détacher du quai, et effaçait par le grincement des rails cette voix profonde de puits. Je me sentis délivrée. Sans le savoir, j’avais attendu en criant et pleurant cet appel, et courant hors de cette pièce, descendant l’escalier, je traversai la place de la gare et m’aggripai aux barreaux de la promenade de bord de mer. Il était là. Il n’était pas parti. Le vent était froid et fouettait. Sous mes lèvres la grille avait un goût de sel et de fer : le fer des rails, le sel de la mer. 

Marguerite Duras, La mort du jeune aviateur anglais

J’ai peur que Rome ait existé…
Rome a existé. 
Vous êtes sûr… 
Oui et les fleuves de même. Et le reste de même. 
Comment supportez-vous cela…

Amelia Rosselli, La Libellule

Tu te débats encore : et je ne peux plus me souvenir que j’existe. La mixture est trop fine : le souvenir est trop coupant : l’encastrement est trop vivant. La lune (j’ose la voir maintenant) est trop triste. La lune pend. Et je meurs. Les oiseaux se débattent. La maladie n’a plus le droit d’exister. Le sale oiseau te poursuit. Je vomis. Moi, toi - non. Et d’énormes pinèdes attendent, aux rives, et d’énormes flots de mer ; et d’énormes lignes de sable, usées et découvertes, tombantes en dehors de la ville qui se souvient d’elles.

Madeleine Bourdouxhe, La femme de Gilles

De chaque image se détachait, petite abstraction douloureuse, une nouvelle parcelle de conclusion. Aucune d’elles non plus ne fut exprimée en mots, mais muettes et sans signification apparente, elles s’amoncelaient dans le cœur d’Élisa. Et bientôt, de leur mystérieuse collaboration naîtrait la simple proposition grammaticale qui balayerait les images désormais inutiles, les ayant rassemblées en une vérité précise, étonnamment courte, contenue tout entière dans son féroce petit assemblage de mots.


Leonor Fini, Les Mutantes



Alejandra Pizarnik, Journal I. Premiers Cahiers 1954-1960

À propos de l’amitié et de ma position : la sensation de ma solitude est si énorme que lorsque ma relation avec quelqu’un se rapproche de l’amitié, je me mets à fuir effrayée, car il me semble être en train d’enfreindre quelque dessein suprême. Ou serait-ce que j’ai réellement envie d’être seule? Alors pourquoi gémir? Est-ce que je crois au destin? Est-ce que je crois à l’amour? Est-ce que je crois à mon esprit?

Bon début d’été <3
modesta 

notre blabla

Par modesta

Modesta est une collective d'écritures fondée en 2021 à Bruxelles. On travaille ensemble pour faire aboutir nos textes, de l'écriture vers l'édition, puis l'impression et la diffusion. On participe aussi à des événements publics (expositions, micro-ouverts, festivals) et on anime des ateliers autour des écritures et des livres, pour impulser une pratique de la littérature alliée à d'autres formes artistiques et ouverte à tous·tes.

On est sympa et on répond aux mails donc n’hésitez pas à nous contacter si vous êtes curieuxes !
modestabruxelles.com
modesta.bruxelles@outlook.com